Dans cet épisode des Sens de la Danse, Myriam Sellam reçoit Jolie Ngemi, danseuse et chorégraphe née à Kinshasa. Elle grandit dans une ville où la danse est partout — dans la rue, dans la musique, dans les corps. Très jeune, elle danse, d’abord à l’église, puis dans l’espace public. Mais chez elle, danser n’est pas une évidence. C’est un combat. Sa rencontre avec Jacques BanaYanga, danseur et chorégraphe qu’elle considère comme son père spirituel, marque un tournant. Il lui transmet une vision essentielle : la danse comme langage, comme espace pour dire. Son parcours la mène ensuite en Europe, notamment à Bruxelles, où elle se forme à P.A.R.T.S., école fondée par Anne Teresa De Keersmaeker. Elle y développe une écriture à la croisée des influences. Elle collabore avec des figures majeures comme Boris Charmatz (Danse de nuit, 10 000 gestes) ou David Zambrano, et participe à des projets internationaux, dont le solo Jolie, créé avec Ula Sickle et Yann Leguay.
Aujourd’hui, elle présente MBOK’ELENGI, une pièce qui fait entrer sur scène l’énergie de Kinshasa. Une œuvre traversée par une idée forte : la joie comme résistance. Une joie nourrie par un univers musical riche — de Baloji à Fally Ipupa, en passant par DJ Arafat ou Bill Clinton Kalonji. Dans cette conversation, Jolie Ngemi revient sur les tensions qui ont traversé son parcours, sur les rencontres fondatrices, et sur ce moment où la danse devient plus qu’un mouvement : un espace pour tenir, créer et transmettre.
🎧 Dans cet épisode, on parle notamment :
– de Kinshasa et de la danse comme culture vivante – des interdits et du rapport à la famille – de la rencontre avec Jacques BanaYanga – de la formation à P.A.R.T.S. – des collaborations avec Boris Charmatz et David Zambrano – de la création du spectacle MBOK’ELENGI – de la joie comme résistance – de transmission et de figures majeures comme Germaine Acogny, Nadia Beugré et Nora Chipaumire